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Quelle configuration pour la reprise française ?


 

​Le 02/07/2020
 
 

L’économie française esquisse un redémarrage plus dynamique que prévu

 

Dans le sillage de la forte accélération post-confinement constatée par l’Insee, Philippe Waechter, Directeur de la Recherche économique chez Ostrum Asset Management, filiale de gestion d’actifs de Natixis, détaille les différents scénarios de reprise hexagonale et les incertitudes susceptibles de les contrarier.
 
 


 
À la faveur du déconfinement et après deux mois d’immobilisation, l’économie française s’est remise en route fin mai. Le retour progressif à la normale qui se dessine depuis demeure subordonné au contexte sanitaire, marqué notamment par une recrudescence de cas en Chine. Dans cet environnement dégradé et incertain, l’OCDE estimait, début juin, que le PIB hexagonal pourrait ainsi se contracter de 11,4 % à 14,1 % cette année. Avec l’Italie et l’Espagne, la France serait alors l’une des économies les plus impactées dans le monde par le Covid-19.
 

Une reprise plus dynamique que prévu

 
Mais le redémarrage de l’activité dans l’Hexagone s’avère en réalité plus énergique que prévu. C’est le constat dressé mi-juin par l’Insee qui souligne alors une forte accélération de l’économie française depuis le déconfinement. L’institut estime ainsi que la perte d’activité économique se limiterait à 12 % en juin (contre 29 % en avril et 22 % en mai) et que le recul du PIB ne devrait être que de 17 % au deuxième trimestre, contre 20 % initialement anticipés (le deuxième trimestre correspondait en 2019 à 25 % du PIB annuel). « Ces chiffres témoignent d’une moindre contraction de l’activité, commente Philippe Waechter, Directeur de la Recherche économique chez Ostrum AM. J’ai donc éliminé de mes hypothèses le scénario le plus pessimiste qui tablait sur un redémarrage sans rebond à seulement 80 % des capacités de l’économie française. » Quatre trajectoires de reprise sont désormais retenues par l’économiste. « Soit la convergence vers 100 % des capacités s’opère à la fin de l’année 2020, soit l’activité reste au niveau de la fin juin autour de 90 %, soit la convergence se fait à 100 % à la mi-novembre, ce qui est l’hypothèse jusqu’ici retenue dans les prévisions du Gouvernement, détaille Philippe Waechter. J’ai, par ailleurs, conservé l’hypothèse d’une convergence à 100 % mi-juillet pour avoir un point de repère à court terme. » Selon ces projections respectives, la contraction du PIB sur 2020 serait alors soit de 9 %, soit de 11,5 %, soit comprise entre 8 et 8,5 %, soit comprise entre 6,5 et 7 %. Dans tous les cas, ces projections induisent un spectaculaire rebond au troisième trimestre compris entre 14 et 18,5 %.
 
Outre la remise en marche des outils de production, la tendance de reprise met aussi en exergue le fort rebond de la consommation des ménages qui, après deux mois de frugalité, revient à 5 % en deçà de la normale. Mais cette radiographie post-confinement laisse aussi entendre que, passé cet effet rattrapage, la dynamique pourrait rapidement s’essouffler. « Au-delà des mesures prises au début de la crise (chômage partiel, exonération des charges, prêts garantis...), l’action politique, notamment en matière d’investissement public ou d’incitations à consommer, va être déterminante dans les mois qui viennent », présage en ce sens Philippe Waechter. D’autant que le contexte reste chargé d’incertitudes. Surtout, il demeure particulièrement tributaire des contingences sanitaires et de l’éventualité d’une seconde vague. Une hypothèse à laquelle l’économiste ne s’attache pas, soulignant que les mesures pour contenir les cas de résurgences dans le monde se sont avérées jusqu’ici efficaces. De sorte qu’à l’épreuve des faits, l’économie française ne devrait pas pâtir de la violence d’un choc sanitaire tel que celui subi sur le premier semestre.
 

Un cadre européen favorable

 
Cependant, la fragilité du contexte ne tient pas exclusivement aux facteurs pandémiques. Le contexte géopolitique pourrait aussi s’avérer être un frein à la reprise. Le regain de tensions entre les États-Unis et la Chine est, en effet, de nature à compliquer davantage les scénarios de sortie de crise. « Depuis la Seconde Guerre mondiale, l’économie européenne a toujours été dépendante de la dynamique américaine, souligne Philippe Waechter. Le redémarrage de 2010 était, quant à lui, conditionné à la croissance chinoise. Mais pour la première fois de son histoire, l’Europe est aujourd’hui en passe de se doter d’une autonomie de croissance. Si tant est qu’il soit adopté, le plan de relance de la Commission européenne  et la mutualisation des moyens financiers qu’il induit , constitue un cadre particulièrement favorable à la relance de l’économie européenne. » La suspension sine die des contraintes budgétaires au début de la crise sanitaire a déjà été salutaire, permettant à la France de se munir des moyens nécessaires pour soutenir son économie. S’il était approuvé en juillet, le plan de l’exécutif européen n’aurait certes pas des effets immédiats sur le contexte hexagonal, mais il serait, sans nul doute, un gage supplémentaire de sérénité sur le chemin de la reprise.
 
 
 
 
 
 

 

 
 
 
 
 

 

 
 
 
 
 

 

 
 
 
 
 

 

 
 
 
 
 

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