Passer au contenu principal

Chute des marchés : comment réagir ?


 

​08/03/2016

 

Bourses mondiales : « Les ventes massives sont essentiellement le fait de fonds spéculatifs. »



Comment analyser les causes de la chute des Bourses mondiales, puis leur rebond ? Un nouveau décrochage est-il à craindre ? Comment réagir ? Les réponses de Marc Riez, directeur général de VEGA Investment Managers.

 

Les marchés boursiers ont fortement chuté depuis le début de l’année, puis ont rattrapé en quelques séances près de la moitié des pertes enregistrées. Que s’est-il passé ?

Ces derniers mois, plusieurs éléments inquiètent les investisseurs. La question du ralentissement de l’économie chinoise, et conjointement de l’attitude qu’adopteront les autorités locales pour relancer leur croissance, est l’un de ces sujets récurrents. La forte baisse des cours du pétrole, passés, je le rappelle, de 100 dollars mi-2014 à moins de 30 dollars il y a quelques semaines, fait également partie des craintes qui déstabilisent les marchés. Notamment parce que ces deux éléments pèsent négativement sur les perspectives de croissance mondiale. Enfin, et c’est en partie ce qui a accentué le rythme de la baisse, à partir de fin janvier, les investisseurs se sont mis à douter de la capacité des banques centrales à soutenir les marchés, comme elles avaient pu le faire en 2009 ou en 2011. 

Entre le 1er janvier et le 11 février, le CAC 40 a reculé de près de 15 %. Pourquoi une baisse aussi rapide ?

Les marchés financiers ne bénéficient plus aujourd’hui des mêmes stabilisateurs qu’il y a encore quelques années, où les investisseurs dits « institutionnels » profitaient de ces périodes de baisse pour réinvestir. Les ventes massives auxquelles on a pu assister sont essentiellement le fait de fonds spéculatifs, qui agissent tous dans le même sens. En outre, la multiplication des programmes d’achats/ventes automatisés, qui se déclenchent lorsque certains niveaux sont franchis, amplifie la réactivité des marchés et démultiplie l’ampleur des baisses comme des hausses.

Quels marchés ont été les plus « touchés » par ces replis ?

Paradoxalement, ce sont les Bourses des pays a priori potentiellement les moins affectés par le spectre d’une récession mondiale qui ont le plus souffert. Au 16 février dernier, le marché japonais avait reculé, depuis le début de l’année, de 16,2 %, et les marchés européens de 13,7 %. A contrario, les marchés émergents, pourtant premières victimes de la chute du pétrole et des matières premières, ne perdaient que 7,9 %. Le marché américain, qui aurait dû pâtir des craintes sur une possible récession aux États-Unis, ne reculait quant à lui que de 7,1 %. Ce qui tendrait à prouver que les baisses enregistrées ne sont pas liées à des phénomènes macro-économiques constatables.

Comment s’explique le rebond intervenu la troisième semaine de février ?

Une partie des inquiétudes relatives aux trois éléments que j’évoquais précédemment a été levée. Les investisseurs ont commencé à comprendre que l’économie chinoise n’était pas en train de s’effondrer et que, surtout, sa devise ne serait pas dévaluée pour soutenir sa croissance. Ils se sont également mis à espérer que les discussions entre pays producteurs de pétrole puissent déboucher sur une remontée raisonnable des prix du baril. Enfin, le discours du président de la Banque centrale européenne Mario Draghi, affirmant que son institution était prête à agir, les a rassurés sur la volonté d’action des autorités monétaires.

Quelle tendance anticipez-vous pour les prochains mois : poursuite du rebond ou nouveau décrochage ?

Fondamentalement, sur les six à douze prochains mois, les sujets qui angoissaient les marchés – Chine, pétrole, banques centrales – devraient trouver des solutions d’ordre politique. Les craintes d’une récession ou d’un fort ralentissement, aux États-Unis ou dans la zone euro, devraient elles aussi peu à peu s’atténuer. Mais d’ici là, les marchés resteront inquiets, nerveux, et leur volatilité demeurera élevée. De nouvelles phases de correction brutale ne sont donc pas à exclure dans les semaines et les mois qui viennent.

Comment les investisseurs de long terme doivent-ils réagir ?

Ne pas paniquer et ne pas vendre. Il peut même être opportun de garder des liquidités, afin de profiter de potentiels nouveaux accès de faiblesse des cours pour renforcer ses positions, notamment sur les titres fortement et injustement sanctionnés par les marchés.

Propos recueillis le 19 février 2016
 
 
 
 
 

 

 
 
 
 
 

 

 
 
 
 
 

 

 
 
 
 
 

 

 
 
 
 
 

acces directs
Contacter un conseiller